L’Académie de Médecine et François Fillon ne soutiennent pas Bouygues et SFR

Le 3 mars 2009, soit 15 jours après que SFR ait été condamné par le Tribunal de grande instance de Carpentras à démonter une antenne-relais à Châteauneuf-du-Pape(1) et un mois après que Bouygues ait été contraint de démonter une antenne dans le Rhône, à Tassin-La-demi-Lune(2) , l’Académie de Médecine s’est fendue d’un communiqué (3) sur les antennes relais de téléphonie mobile indiquant que rien ne démontrait qu’il existait un risque pour la santé publique. Oubliant de préciser que rien ne démontrait le contraire non plus…

François Fillon, notre très cher Premier Ministre, a illico demandé à la Ministre de la Santé, Roseline Bachelot, d’organiser une table ronde le 26 mars (reportée depuis au 23 avril) et ne pouvant se retenir  face au bref moment de jouissance que lui a procuré cette initiative, a déjà conclu : “L’hypothèse d’un risque pour la santé des populations vivant à proximité des antennes-relais de téléphonie mobile ne peut être retenue” en l’état actuel des connaissances. Il a bien raison : au final, on ne trouve que ce qu’on cherche.

Bien entendu, comme l’a souligné le Canard Enchaîné du 11 mars, le fait que le rédacteur de ce communiqué soit le Professeur André Aurengo et que ce dernier fasse partie du conseil scientifique de Bouygues Telecom n’a aucun rapport  avec cette prise de position pour le moins favorable aux opérateurs de téléphonie mobile.

Pas plus que la rapidité de la réaction de l’Académie de médecine puisque celle-ci, loin de considérer la procédure comme inhabituelle (pas de convocation d’une commission, juste un groupe de travail avec UN juriste), informe qu’il existe depuis un an, une procédure de circuit rapide permettant à l’Académie “d’être plus réactive face aux événements de l’actualité.” On est bien content pour elle, surtout quand il s’agit de critiquer une décision de justice et de voler au secours des opérateurs de téléphonie mobile que l’on sait durement touchés par la crise.  (résultats 2008 : SFR + 28.1% de ventes, 2.5 milliards d’euros de bénéfices - Bouygues “Telecom +338 000 clients, 534 millions d’euros de bénéfices  (+9%)-  Orange Telecom +11% de clients,  Groupe France Telecom 5.02 milliards d’euros de bénéfices) Ce n’est plus une question de santé publique mais de santé économique !

L’Académie de Médecine reconnait bien que les sujets électro-sensibles manifestent des troubles variés en présence de dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques mais précise que ces mêmes sujets sont incapables de reconnaître si les dispositifs sont actifs ou non. Et de rajouter que “l’angoisse et la phobie en présence d’émetteurs de champs électromagnétiques peuvent être réelles et justifier une prise en charge adaptée“.  Autrement dit, ces troubles sont psychosomatiques et donc peuvent être réellement handicapants mais cela ne peut justifier les décisions des tribunaux, basées sur le principe de précaution. Notre parfaite et totale connaissance du corps humain (heu…) est d’ailleurs là pour rappeler qu’”aucun système sensoriel humain permettant de percevoir ce type de champ n’a été identifié“. A ce jour, du moins.

Au niveau scientifique, rien de neuf à l’Est d’Eden. Ma soeur Anne ne voit rien venir. Aucun rapport avec le fait que les études ont été menées par des personnes ayant signé des contrats de recherche avec les opérateurs de téléphonie mobile (cf Robin des toits)(4)) : comme par exemple Bernard Veyret, directeur de recherche au CNRS, président de l’International Commission on Non-lonizing Radiation Protection, organisme chargé d’élaborer les normes mondiales en matière de téléphonie, est membre du conseil scientifique de Bouygues. Ce même Veyret qui a engagé l’Afsset (Agence Française de Sécurité sanitaire de l’Environnement et du Travail) pour ses travaux sur la téléphonie mobile. Ce même Veyret qui a rédigé un rapport en 2005 sur l’innocuité du téléphone mobile, rapport dénoncé un an plus tard par l’Inspection générale des affaires sociales à la vue des liens entre ses auteurs et les industriels de la téléphonie mobile. Cela expliquerait peut-être le fait que de grandes compagnies d’assurance comme Axa, Lloyd, Swiss Re et d’autres refusent de couvrir les opérateurs sur les risques liés à l’usage des téléphones portables…

Les récepteurs et les batteries des téléphones portables ont clairement été mis en cause en raison de leur rayonnement basses fréquences (reconnu comme probablement cancérigène par l’OMS) qui se fait près de la tête. Les recommandations sont donc de toutes parts simples et pleines de bon sens : ne pas téléphoner trop longtemps, utiliser l’oreillette fournie avec le téléphone mobile, ne pas confier de portable à des enfants de moins de 15 ans…  Mais pour les antennes qui génèrent  champs électro-magnétiques et gros sous pour les opérateurs, “circulez, ya rien à voir !”.

Après  les pesticides , les émanations toxiques des industries chimiques, les fuites radioactives “sans conséquences sur la santé et l’environnement” voire carrément polies qui s’arrêtaient à nos frontières, les OGM et l’amiante (connue comme nocive début du XXème siècle, cancérigène dès les années cinquante mais interdit seulement en 1997),  voici les antenne-relais  sans danger prouvé ni l’inverse d’ailleurs.

Doit-on pour autant obliger le gouvernement à faire un choix ? Martin Bouygues, PDG du grand groupe Bouygues mais néanmoins un peu limité  dans ses réflexions, le 4 mars, après la décision de justice de faire démonter l’antenne relais dans le Rhônes, le pense apparemment : “est-ce qu’il (le gouvernement) souhaite qu’on continue à utiliser la téléphonie mobile ou pas ?” ? A l’option réductrice : “santé ou pognon, il faut choisir”, d’autres choisissent de faire des propositions (5), comme Robin des Toits, ce qui est une ouverture un peu plus intéressante et constructive pour parvenir à  la résolution de ce problème de santé publique.

(1) : http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/sfr-condamne-a-demonter-une-antenne-relais_744325.html

(2) : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090205.OBS3170/bouygues_contraint_de_demonter_une_antennerelais.html

(3) : http://www.academie-medecine.fr/detailPublication.cfm?idRub=27&idLigne=1542

(4) : http://www.robindestoits.org/

(5) : http://www.robindestoits.org/index.php?preaction=joint&id_joint=115208

Le mollusque, une usine à gaz pas comme les autres

Le très sérieux Institut Max Plack en Allemagne a mené de très sérieuses (et très coûteuses) recherches sur les flatulences des larves d’insectes aquatiques et les mollusques.

Il en ressort que ces petites bêtes dégagent des oxydes de nitrate* (dont monxyde et protoxyde d’azote) qui “pourraient avoir un effet nocif important sur l’environnement”.

Les quantités ne sont pas encore estimées à ce jour mais ces flatulences apparaissent clairement là où l’activité humaine pollue (eaux résiduelles, agriculture…)

Il est vrai que les mollusques, tout comme les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et quelques pays émergents,  n’ont pas ratifié le traité de Kyoto et n’ont donc aucune obligation morale d’arrêter de péter sous prétexte que cela réchauffe la planète. Et puis mettre en avant le mollusque péteur est un bel arbre qui cache la forêt de ceux qui, eux, ont signé ce traité mais sont encore très loin de concrétiser leurs beaux engagements.

* Gaz très toxiques produits principalement par les voiture, contribuant notamment aux pluies acides.

Biberons et Bisphénol A

Les biberons en plastique polycarbonate ont été montrés du doigt dans un rapport daté du 7 février 2009 rendu par un groupement d’organisations environnementales américaines. En effet, les biberons en platique sont accusés, lorsqu’on les chauffe, de libérer du Bisphénol A, c’est à dire rien de moins qu’un perturbateur endocrinien capable de malmener les hormones sexuelles féminines en imitant les oestrogènes.

Petit panoramique des joyeusetés que provoque le Bisphénol A sur les rats et souris de laboratoire : tumeurs des glandes mammaires, cancers de la prostate, puberté précoce, fausses couches, anomalies des spermatozoïdes, diabète de type 2, altérations du système immunitaire, troubles du comportement, aberrations chromosomiques.

Selon le Professeur Frederick Vom Saal de l’Universié du Missouri où ont été menées les expériences, spécialiste mondial du Bisphénol-A, les marques concernées soient :

 ”Avent, Evenflo, Dr Brown’s et Disney/Premières années,

dégagent entre 4,7 et 8,3 parties par million* de bisphénol-A dans le lait infantile.”

Bien que quelques 150 études aient démontré les effets nocifs du Bisphénol-A, même à faibles doses, les industriels du plastique s’obstinent à affirmer que “les doses de bisphénol-A auxquelles sont exposées la population sont insuffisantes pour provoquer un quelconque effet nocif.”

Un premier rapport sur la toxicité des biberons avait déjà vu le jour il y a un an, provoquant une ruée sur les biberons en verre avec rupture de stock en Californie.

Au Canada, les biberons en plastiques contenant du Bisphénol-A ont été interdits à la vente, au nom du bons sens et du principe de précaution.

En France, l’Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire et Alimentaire), considère que le Bisphénol-A libéré dans le lait infantile contenu dans les biberons en plastique, ne présente pas de danger en raison des faibles quantités concernées. Voir “l’Afssa au secours des industriels du plastique” : http://www.coucheslavables.com/blog/?cat=6

Le rapport de février 2009 (anglais): http://lagrandeinvasion.blog.lemonde.fr/files/2008/02/babystoxicbottlefinal-11.1202468490.pdf

Rapport 2008 : http://lagrandeinvasion.blog.lemonde.fr/files/2008/02/toxic-baby-bottles.1202469075.pdf

En savoir plus : http://lagrandeinvasion.blog.lemonde.fr/2008/02/08/sale-temps-pour-les-biberons/

L’Afssa au secours des industriels du plastique

En période de crise, en France, mieux vaut ne pas être trop regardant à l’environnement, la santé ou même simplement à un bon vieux principe de précaution.

Suite à un rapport rendu par l’Université du Missouri, rédigé par le très sérieux Professeur Frederique Vom Saal, éminent spécaliste mondial du Bisphénol-A, le Canada a décidé de protéger ses enfants au nom du principe de précaution et a interdit les biberons contenant cette substance, reconnue comme  perturbateur endocrinien.

En France, l’Afssa vient de rendre un avis qui va à l’encontre des 150 études réalisées sur le Bisphénol-A qui soulignent les effets négatifs de cette substance, MEME A FAIBLES DOSES.

Bizarrement, l’Afssa donne un avis ressemblant fortement à celui des industriels du plastique : les quantités de bisphénol A transférable à l’aliment sont très faibles et restent très inférieures à la valeur maximale de migration retenue par l’AESA pour son calcul d’exposition” (pour un  chauffage de 10 minutes au micro-ondes).

D’ailleurs, l’Afssa remet en cause également l’usage des biberons en plastique polycarbonate en même temps qu’une eau calcaire ou que de certains produits pour laver la vaisselle, ces deux éléments étant soupçonnés de favoriser le transfert du Bisphénol-A dans le lait. L’Afssa qui écrit  d’ailleurs  “la stérilisation des biberons n’est pas indispensable ; un lavage au lave-vaisselle ou à la main, au goupillon, dans de l’eau chaude additionnée de liquide vaisselle est suffisant.”

L’avis des industriels du plastique fait, quant à lui, passer le Bisphénol-A pour une substance sans danger car libérée en trop faibles quantités pour être nocive. La dangerosité du Bisphénol-A serait à la limite de la rumeur infondée.

Le rapport de l’Afssa : http://www.yvelines.pref.gouv.fr/sections/sante_et_solidarite/sante/la_petite_enfance/avis_de_l_agence_fra/downloadFile/file/biberons.pdf

En résumé, le Bisphénol-A est bien présent dans le lait contenu par des biberons en plastique polycabonate. Il s’agit bien d’un perturbateur endocrinien. Cependant l’Afssa estime, tout comme les industriels du plastique, que les quantités libérées sont admissibles. Idem pour les bouteilles d’eau, récipients alimentaires utilisés quotidiennement, même si une récente étude américaine a étudié 2517 personnes et que 92,6% d’entres elles avaient bien du Bisphénol-A  dans les urines, majoritairement des femmes et des enfants.

Il est dommage, en ce XXIème siècle, que la bêtise au service du profit à tout prix soit elle aussi admissible aux yeux de ceux qui devraient être un rempart face aux dérives industrielles.

Tabarnouche ! Ils sont quand même bien niaiseux, à l’Afssa !

Plus d’infos : http://www.coucheslavables.com/blog/?cat=3

Le maïs transgénique MON810

Mai 2007 : l’Allemagne, suite aux dernières études scientifiques publiées, a suspendu via l’Office Fédéral (allemand) pour la Protection des Consommateurs et la Sécurité Alimentaire, l’autorisation donnée à Monsanto de vendre du maïs géntiquement modifié MON810 sur son territoire. 

 ”Incertitudes, données insuffisantes, jugements subjectifs sur la sûreté des aliments et cultures OGM…”

La publication de ce rapport sur les réserves –jusqu’à présent tenues secrètes – qu’a pu émettre la Commission concernant les OGM,représente un tournant en Europe.”E

 En savoir plus sur ces informations que l’on nous cache (source Les Amis de la Terre et   Greenpeace) :

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Rapport_Commission_Europeenne_OGM_2006.pdf

Arrêté suspendant le maïs 810 en Allemagne comportant les motifs de cet arrêté  : http://www.amisdelaterre.org/dist/vignettes/doc.png

En France, l’Afssa (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), l’équivalent de l’Office Fédéral pour la protection des consommaters et la Sécurité Alimentaire, remet clairement en cause la clause de sauvegarde que la France avait adopté au printemps 2008 en interdisant la commercialisation du maïs MON810. En effet, dans un rapport, l’Afssa conclut à l’inocuité du maïs transgénique alors même que le Directeur du CNRS, Yves le Maho, transmettait en juin 2008, à la commission européenne, un rapport dans lequel il affirmait qu’il était impossible “de conclure à l’inocuité et préconisait, au nom du pricipe de précaution, de justifier l’interdiction de commercialisation du MON810.

Si on prend en compte le fait que l’Afssa n’a jamais fait d’étude su les effets à long terme, du maïs transgénique MON810, il paraît évident que le principe de précaution des uns, ne semble pas concerner cette agence française dont le rôle théorique serait de protéger les citoyens français, contre la consommation d’organismes présentant de sérieux doutes quant à leur inocuité sur la santé et l’environnement.

Mieux connaître les OGM : http://alphyroth.free.fr/index.htm

Signez contre les OGM

Personne n’en veut mais la Commission Européenne en rajoute une louche pour tenter d’imposer les OGM en France et en Grèce avec le maïs transgénique MON810.

Greenpeace organise une pétition afin de recueillir 50 000 signatures sur un courrier destiné aux pays Pro-OGM tels que la Suède, la Grande-Bretagne, Pays-Bas et Finlance, dans lequel il leur est demandé de soutenir un vote en faveur du droit de la France à conserver sa liberté d’une culture sans OGM au même titre que l’Autriche et la Hongrie. Le vote de cette clause de sauvegarde aura lieu fin mars.

En savoir plus sur la pétition : http://www.greenpeace.org/france/getinvolved/act/petition-pour-une-europe-sans-OGM

En savoir plus sur le maïs MON810 : http://www.coucheslavables.com/blog/?cat=3